Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 12:54


Les « Arabes libyens » de Sarkozy par Hend Sadi | « Jeunes Arabes libyens, nous vous demandons une chose : unissez-vous ! » s’est écrié Sarkozy dans son allocution prononcée à Benghazi. Pour un appel à l’union, c’est raté. Pourquoi cette discrimination à l’égard des Amazighs qui ont libéré la capitale ? Et d’ailleurs, pourquoi Nicolas Sarkozy si soucieux d’union a-t-il choisi pour lancer son appel une ville de province, Benghazi, plutôt que Tripoli ? La capitale n’est-elle pas symboliquement mieux indiquée pour exprimer son soutien à la Libye unie ? Sa « politique arabe » aurait-elle été gênée par le drapeau amazigh qui flotte dans le ciel libre de Tripoli sur tous les bâtiments officiels, y compris sur la mythique caserne Bab Aziza, l’antre du dictateur renversé ? En France, on explique généralement la visite de Sarkozy en Libye par des considérations de politique interne. Ce déplacement à Benghazi serait motivé par le souci de requinquer l’image particulièrement détériorée d’un président qui se prépare à reconquérir son siège en 2012. Satisfaits de sa prestation à Benghazi, ses conseillers affirment lui avoir trouvé, en la circonstance, des accents gaulliens. Mais pour nous, externes à ces considérations domestiques et politiciennes, soucieux de l’avenir et de la liberté des Libyens, de tous les Libyens, avenir et liberté sur lesquels pèsent encore de lourdes hypothèques, son cri nous a rappelé, non pas Charles de Gaulle lançant son « vive le Québec libre ! » à Montréal en 1966, mais Bélaid Abdeslam clamant « je suis Arabe parce que Kabyle ». En effet, ce discours exprime d’abord une ignorance qui cache une incohérence, celle-là même qui est contenue dans la formule d’Abdeslam, car « Libyens » n’est rien d’autre que le nom antique des Amazighs et Hérodote déjà […]
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 10:56


Lundi 1er septembre 1969, jeudi 1er septembre 2011 : Kadhafi «commémore» 42 ans de pouvoir Jeudi 1 septembre à 20:44 Tripoli, lundi, 1er septembre 1969. Le jeune capitaine Mouammar Kadhafi, à la tête d’un groupe d’officiers, dépose sans verser une goutte de sang, le roi de Libye, Idris 1er, 80 ans, en voyage en Turquie pour un traitement médical. A 27 ans, Kadhafi s’empare ainsi du pouvoir pour ne plus le lâcher. Jeudi, 1er septembre 2011, quelque part en Libye. Recherché et traqué par les rebelles qui l’ont renversé après six mois d’insurrection, Kadhafi refuse de déposer les armes et promet encore une longue lutte qui « embrasera la Libye ». Celui qui s’est autoproclamé colonel, puis guide la révolution libyenne, devient l’homme le plus recherché du monde. Sa tête étant mise à prix pour 1,7 million de dollars. Peu cher pour toute la fortune que lui et son clan ont amassé pendant quatre décennies. A 69 ans, Kadhafi aura survécu à tous les tyrans, despotes et autres dictateurs arabes et africains. De tous les autocrates du monde arabe, il est le seul à s’être maintenu au pouvoir pendant 42 ans. Un triste record. Kadhafi a ainsi « enterré » Saddam (24 ans de règne, tombé en avril 2003), Ben Ali (23 ans, dégagé en janvier 2011) et Moubarak (30 ans, chassé en février 2011). Le seul despote arabe qui pourrait lui disputer ce triste record reste le sultan d’Omar, Qabus Ben Said, 71 ans, au trône depuis 41 ans. S’il n’égale pas la barbarie de Saddam Hussein en termes de chiffres, trois guerres à l’actif de Saddam (avec l’Iran en 1980, puis deux guerres du golfe) et des centaines de milliers de victimes sur le carreau, Kadhafi n’est pas moins cruel. En 42 ans de pouvoir, le guide aura fait de la Libye une dictature implacable. Multipartisme interdit, presse interdite, […]
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 17:48


Pays amazighophone, le Maroc vient de reconnaître le berbère comme langue officielle. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les liens entre les militants algériens et marocains ne sont pas denses. Les constructions nationales, neuves et fragiles, sont une des explications de ce cloisonnement entre sociétés civiles. Un homme de la trempe de Mohamed Chafik, l’équivalent d’un Mouloud Mammeri, demeure en Algérie un illustre inconnu en dehors de quelques cercles d’initiés. Nous proposons de vous le faire découvrir à travers un bref aperçu de son parcours. Né le 17 septembre 1926 à Ayth Sadden, prés de Fès, dans le Moyen-Atlas, Mohamed Chafik a fréquenté le célèbre collège franco-berbère d’Azrou. En 1944, il participa aux grèves qui accompagnèrent la publication du Manifeste de l’Istiqlal et entendait déjà sauvegarder la singularité de sa culture ancestrale. Contrairement à la quasi-totalité de ses condisciples, il refusa de poursuivre une carrière militaire. Il rejetait de toutes ses forces la division des tâches au Maroc où les Berbères, par l’entremise d’Azrou, servaient de bras séculier au Makhzen et de chair à canon. Mohammed Chafik a obtenu un diplôme en langue arabe, un certificat en langue amazighe, une licence en histoire et un diplôme professionnel en inspection pédagogique. Il ne cessa depuis de mener une carrière institutionnelle et de prendre des positions dissonantes pour la défense et la promotion du berbère. Un hussard noir au Royaume Au début de sa carrière professionnelle, il a travaillé comme enseignant du primaire dans la région de Demnat. En cette qualité, il s’est intéressé à la scolarisation de la fille issue du monde rural en établissant les premières classes dans le village Taysa en 1955. Il a enseigné aussi à l’Institut des filles musulmanes […]
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Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 10:36


Traduit du dialecte Tachelhaït par René Euloge, Mririda est poétesse Amazighe. En 1927, René Euloge, instituteur français dans le Haut-Atlas marocain, découvre ce majestueux personnage. J’ai moi-même découvert Mririda par le biais de Bernard Cesari, éditeur de Ibis-Press. J’ai été tout simplement emportée par la grâce authentique et translucide de cette femme. Il est triste qu’une figure poétique aussi puissante ait été ignorée par ceux qui ont écrit l’histoire. Comparable à Sappho, qui est inventrice du plectre, de chants d’amour et de désir, Mririda incarne la même parole delphique. La vallée du Haut-Atlas de la Tassaout où coule une rivière caressée par des oliviers et des caroubiers, entre forêts et montagnes enneigées, à 70 Km à l’Est de Marrakech, sur la route d’Azilal, porte encore la force d’une âme. A 4072m est née une source du nom de Tassaout où vécut Mririda, une poétesse berbère. Publié aux Editions de la Tigherm, en 1956, l’éditeur a eu l’excellence initiative de présenter une photographie d’elle datant de 1940. Après la guerre, en 1946, René Euloge ne l’a jamais plus retrouvée. Il prit soin de traduire mot à mot chaque poème, fasciné par le charme magnétique de cette créature, déchiffrant ses vers, sans savoir encore que l’ensemble de son travail constituerait une œuvre légendaire. Voici ce que René Euloge en dit : « Je n’ai pas eu la mauvaise ambition de présenter ces poèmes du Haut-Atlas autrement qu’ils sont, frustres dans la forme et dans les mots. Aussi bien me suis-je gardé de les métamorphoser en vers français, rimés avec art, alors qu’ils abritent le plus souvent sous une forme à peine arrêtée une prosodie fantaisiste se contentant d’assonances approximatives. C’eût été les trahir deux fois. » Fadéla Hebbadj LA MEDISANCE Maudits soient la […]
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 18:36


Un linguicide programmé La question de l’amazighité du Maroc relève de grandes questions politiques auxquelles une réponse équitable et urgente doit être faite pour la construction d’une société équilibrée et moderne. L’amazighité, ...victime d’un véritable déni, continue à être occultée de tous ses droits légitimes. Le mouvement amazigh dont la première revendication a toujours été la reconnaissance de l’identité, de la culture et de la langue amazighes par la loi suprême, a toujours fait de la question de l’officialisation de la langue amazighe une priorité. Cette revendication reprend de l’ampleur aujourd’hui parce qu’il est impératif et urgent que notre langue et notre culture soient protégées par la loi et que la langue amazighe accède enfin au statut qui lui revient de droit, langue officielle dans la constitution. En choisissant depuis l’indépendance, une politique d’exclusion, nos décideurs n’ont fait que perpétrer, la forme particulière d’ethnocide la plus répandue dans le monde, le linguicide, l’acte de tuer une langue. C’est le procédé politique le plus décisif, car visant à exterminer une langue, qui, comme l’on sait, est généralement l’indice le plus clair, le plus résistant et le plus fédérateur d’une communauté. En détruisant la langue d’une communauté, on élimine ce qu’il y a de plus perceptible et de plus vivant, et ce qui sera ensuite le plus difficile à réanimer ou reconstituer. Par conséquent, l’état veillera à faire en sorte que sa langue, et sa langue seule, l’arabe, soit celle de tous ses ressortissants. Il va aussi dans certains cas, promouvoir exagérément une langue voisine (darija) en lui réservant une large place. En décrétant officielle la langue arabe et pour que cette langue soit la seule à être pratiquée et comprise, il doit […]
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Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 13:22

Communiqué des Associations et personnalités amazighes du Centre du Maroc Par Le Matin DZ | Dans le cadre de la dynamique politique et sociale que connaît le Maroc au même titre que les peuples révoltés contre la tyrannie, l’exclusion et le mépris de la dignité humaine, et en réaction aux développements que connaît cette dynamique au niveau national, les coordinations, associations et personnalités amazighes du Centre du Maroc réunis à Meknès le 12-Juin-2011 au siège de la Région Meknès Tafilalet, après avoir examiné la situation, déclarent à l’opinion nationale et internationale ce qui suit: 1- Son rejet de toute constitution qui ne reconnaît pas l’identité amazighe du Maroc, identité ouverte sur tous les apports culturels, qui n’affirme pas dans son préambule et dans un article distinct que la langue amazighe est une langue officielle sans que son intégration dans toutes les domaines de la vie publique soit conditionnée par le vote de lois organisationnelles ou opérationnelles; 2-Son attachement à la promulgation d’une constitution démocratique qui émane du peuple, garantit la séparation des pouvoirs et consacre les Droits de l’homme; 3- Sa demande à ce que « azref » (le Droit amazigh) soit considéré comme l’une des sources du Droit national; 4-Sa condamnation de la campagne enragée menée contre l’identité amazighe du Maroc par des pseudo-partis et intellectuels qui ont grandi dans le giron du nationalisme arabiste, baâthiste et nasseriste ; 5-Sa préférence pour un système fédéral à partir du principe de la complémentarité socioculturelle et économique; 6-Sa demande de l’abrogation de toutes les lois héritées du colonialisme et la promulgation de loi nationales garantissant aux ayant droits le recouvrement de leurs terres ainsi que leurs richesses naturelles […]
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 13:40

Réponse à Benaicha, Ben Bella et...consorts Mercredi, 25 Mai 2011, 08:58 | Tarik MIRA 0 Contribution. Après avoir été tout le long de son passage à la TV un laïque et un nationaliste arabe, à la mode syrano-irakienne, voilà que Benaicha, pieusement déguisé, se cherche une rédemption sur le dos d’une héroïne qui, malgré, les mythes l’entourant pour mieux l’enterrer, fît et fut l’Histoire, histoire de Tamazgha, du pays des Algériennes et des Algériens. Quinze siècles après les chevauchées fantastiques de cette femme hors du commun, chef d’Etat et stratège militaire dans une société de mâles, Benaicha, au crépuscule de sa vie, tremble de tous ses membres à l’idée que « la devineresse » aurait pu lui faire rater l’entrée en islam. Nonobstant son parcours connu de tous où l’islam alimentaire tenait une part importante, il ne se veut pas dans l’histoire, mais dans le délire interprétatif d’une option virtuelle. Théorique, celle-ci est autrement plus condamnable que sa trajectoire réelle en matière de conviction religieuse. Kahina triomphante, on aurait, comme les Chrétiens, commis le pêché originel qui nous aurait éloigné définitivement du paradis. Diantre ! Le drame dans ce pays, où Benaicha n’est qu’un épigone d’élites dévoyées, c’est que l’on peut tenir des propos racistes avec une sérénité sidérante, apanage et privilège de gens convaincues, du haut de leur morgue, suffisance et arrogance mortifères, de personnifier les « civilisateurs ». On se croirait presque en Amérique latine du début du siècle dernier avec des peuples entiers assimilés, réduits aux marges de l’histoire et soumis à « la vraie religion » et aux oligarchies. Les théoriciens qui se sont penchés sur ce phénomène l’appelaient le colonialisme intérieur. Si Benaicha avait lu « Portrait du colonisé » […]
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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 15:58


L'intégration maghrébine, une nécessité historique Par Abderrahmane Mebtoul et Camille Sari | Nous considérons que le projet de l’intégration maghrébine ne sera réalisable que si les gouvernements du Maghreb ont une vision commune de leur devenir. Pourquoi l’intégration maghrébine ? Face aux bouleversements mondiaux, aux grands espaces économiques, l’accélération des réformes économiques conciliant efficacité économique et cohésion sociale et la démocratisation du Maghreb passe au préalable par l’instauration d ‘ un Etat de droit qui peut dans une première phase ne pas recouper la démocratie. Comme cette intégration est une condition pour une négociation collective efficace pour un véritable co-développement, un partenariat gagnant/gagnant avec les pays développés et émergents et plus globalement pour éviter ce dualisme Nord –Sud préjudiciable à l’avenir de l’humanité. Force est de reconnaître que le processus de Barcelone a eu des résultats pour l’instant mitigés, la responsabilité de l’Europe et du Maghreb étant partagée du fait d’une gouvernance qui au Maghreb souvent laisse à désirer et d’une vision strictement mercantile de l’Europe. Or, la symbiose des apports de l’Orient et de l’Occident, le dialogue des cultures et la tolérance est source d’enrichissement mutuel, étant dangereux pour le Nord de s’enfermer dans un ghetto qui enfanterait inéluctablement la violence. La mondialisation est un bienfait pour l’humanité à condition d’intégrer les rapports sociaux et ne pas la circonscrire uniquement aux rapports marchands en synchronisant la sphère réelle et la sphère monétaire, la dynamique économique et la dynamique sociale. L’élément culturel souvent négligé est selon notre point de vue fondamental, impliquant de synchroniser les réformes et la démocratie […]
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 18:35


Les Amazighs libyens fuient vers Tataouine 2011-04-22 Lorsque les forces de Kadhafi ont commencé à transformer ses montagnes en champ de bataille, la communauté amazighe oubliée de Libye a cherché refuge en Tunisie. Texte et photos par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tataouine – 22/04/11 Les réfugiés et les habitants de Tataouine se sont rassemblés, le 17 avril, lors des funérailles d'Ali Ahmed Jerbi, le premier "martyr libyen" enterré en Tunisie. Avant la fin, jeudi 21 avril, des violents combats qui se sont déroulés le long de la frontière occidentale, avec la reprise du poste frontière de Dhiba par les rebelles libyens, ce sont des milliers de civils traumatisés qui avaient bravé le conflit, empruntant ce passage pour trouver refuge en Tunisie. Mais tous n'y sont pas parvenus. Des femmes voilées au visage triste, inquiètes d'un sort inconnu ; des enfants jouant dans des lieux étrangers, loin de leurs fermes familiales ; des personnes âgées fatiguées de fuir : ce sont les réfugiés des montagnes de Nafusa, dans l'ouest de la Libye. Dans les camps provisoires de Remada et Dhiba, et dans leurs propres maisons, les Tunisiens offrent vêtements, nourriture et réconfort à leurs milliers de voisins déplacés et désespérés. "Nous avons laissé derrière nous notre terre, nos maisons, tout, et nous avons fui sans argent ni nourriture", raconte Fatma Salah en larmes. "Kadhafi ne nous a rien laissé. Comment pourrions-nous nous sentir bien lorsque nous dépendons d'une famille que nous ne connaissons pas, et alors que nous sommes dix ?" Aicha, son hôte tunisienne, apporte quelques mots de réconfort : "Nous partagerons ce que Dieu nous donnera jusqu'à ce que la crise en Libye soit terminée et que vous puissiez rentrer chez vous." Le poste frontière de Ras Jedir en Tunisie a vu […]
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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 17:44

Les Algériens n'ont pas oublié la langue de leurs ancêtres Par Le Matin dz | 27/03/2009 00:17:00 | «Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots.» Martin Luther King La langue parlée en Algérie, communément appelée arabe algérien, est une langue dont la base est l'arabe. Mais c'est aussi une langue qui a beaucoup emprunté aux autres langues telles que le turc, le français, l'espagnol et l'italien en fonction de la proximité géographique ou des rencontres historiques. C'est le propre de toute langue moderne. Il n'existe actuellement aucune langue au monde qui ne contienne des mots empruntés aux autres langues. Or depuis toujours, notre pays, occupant un endroit stratégique dans le bassin méditerranéen, a été un carrefour, une espèce de passage obligé de toutes les visées expansionnistes et a fait l'objet de toutes les convoitises. La richesse avérée de nos contrées et l'hospitalité de nos ancêtres y ont contribué pour une grande part. Mais s'il est admis que le parler algérien contient beaucoup de mots venant directement des langues des peuples qui ont occupé notre pays, il est difficile de reconnaître que nous utilisons encore plus de mots amazighs. Beaucoup d'Algériens arabophones reconnaissent aisément, et sans complexe aucun, les emprunts «européens», mais refusent de considérer que le parler algérien est tout aussi truffé de mots amazighs. Pourquoi, sur des dizaines de personnes interrogées par mes soins, une majorité quasi unanime refuse-t-elle de reconnaître ce fond amazigh dans notre parler quotidien ? Même quand je leur montre que, dans une phrase aussi banale que «ouahed tobsi lubia» («une assiette de haricots») que l'on peut entendre dans toutes les gargotes algériennes, chacun des trois mots […]
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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 18:38


Défendre l’identité amazighe d’Afrique du Nord S’il y a aujourd’hui une réalité qu’on ne peut cacher, c’est bien l’identité réelle de l’Afrique du Nord falsifiée et transformée, par des dictateurs corrompus et criminels arabo-islamistes, en “Maghreb arabe” en février 1989. Depuis quand l’Afrique du Nord a perdu son Nord ? disait le grand Kateb Yacine. Ces dictateurs, islamo-baathistes, ont atteint l’apogée du mensonge et de la langue de bois. Ils nous ont colonisés, étouffés, assassinés, marginalisés, avec la complicité de l’Occident et ce sous les applaudissement de certains supplétifs que l’arabo-islamisme que l’histoire jugera. Ses criminels de l’humanité qui ont falsifié l’histoire de l’Afrique du Nord, ont étouffé la langue et la culture amazighe, marginalisé et arabisé le peuple premier, sans parler des assassinats et emprisonnements de tous ceux qui se réclamaient et défendaient leur identité amazighe dans leurs propres fiefs. Le père du théâtre algérien le grand écrivain Kateb Yacine disait : « L’Algérie française a duré cent trente deux ans. L’arabo-islamisme dure depuis treize siècles ! L’aliénation la plus profonde, ce n’est plus de se croire Français mais de se croire Arabe. Or il n’y a pas de race arabe, ni de nation arabe. Il y a une langue sacrée, la langue du Coran, dont les dirigeants se servent pour masquer au peuple sa propre identité. » L’identité première de l’Afrique du Nord est l’une des composantes essentielles de notre personnalité. Malheureusement en ce début de 21e siècle il n’en est nullement question. Les débats semblent porter sur des détails sans importance, alors que l’aspect fondamental identitaire est délibérément ignoré. Le grand poète et écrivain kabyle Jean Lmouhoub Amrouche disait : « On peut affamer les corps, on peut battre […]
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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 16:16

Un peu d’histoire, pour bien commencer l’année. Par Adel Notre pays, l’Algérie, fait partie de l’ensemble maghrébin, que certains de nos compatriotes préfèrent appeler Tamezgha – le pays des Imazighen –, vaste territoire habité jadis uniquement par des populations parlant tamazight. Les Phéniciens, venus de la lointaine Tyr (actuel Liban), s’établirent en Afrikia – l’actuelle Tunisie – aux environs de 814 avant l’ère chrétienne, fondèrent la ville de Carthage et devinrent des Carthaginois, parlant le punique. Massinissa, le plus grand roi amazigh, mourut de vieillesse en 148 avant J.C., après avoir réussi le pari de rester indépendant vis-à-vis des deux grandes puissances méditerranéennes de l’époque, Rome et Carthage, dont le valeureux Hannibal fut le plus grand chef militaire. Cette dernière fut vaincue et détruite par les Romains en 146 avant l’ère chrétienne. Les Carthaginois, après une présence au pays des Imazighen qui dura près de sept siècles, se fondirent alors dans la population autochtone, sous domination romaine (avez-vous remarqué à quel point les Tunisiens ressemblent aux Libanais dans leur mentalité?). Massinissa laissa à son fils Micipsa un royaume vaste et prospère. Après la mort de ce dernier, Jugurtha, son neveu et fils adoptif, entra en conflit avec ses deux cousins (fils de Micipsa), avec lesquels il partageait le trône. Ces derniers sollicitèrent la protection de Rome et Jugurtha, présumant peut-être de ses forces, s’engagea dans une longue guerre contre l’armée romaine. Il fut vaincu et mourut en captivité à Rome, en 104 avant l’ère chrétienne. Après sept siècles de cohabitation avec les Carthaginois, les Imazighen se retrouvèrent donc sous la coupe de Rome, indirectement d’abord – notamment durant le règne de Juba II – puis de manière […]
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 17:55


Communication de Mohamed Benchicou à Lyon, samedi 27 novembre, à la journée sur la tolérance organisée par l'association Tagmats. On m’a demandé d’intervenir sur le livre « Notre ami Bouteflika » et de porter un regard de journaliste et d’écrivain sur le chanteur assassiné Matoub Lounès. J’avoue qu’il est plus intéressant de parler de Matoub, bien que je ne me sente pas le plus qualifié pour la tâche. S’agissant de Matoub, qu’est-ce qui vient d’emblée, à l’esprit d’un journaliste ? Je crois que c’est d’abord son extraordinaire popularité. A quoi doit-il d’être si renommé au point qu’on édifie des stèles à sa mémoire et qu’on baptise des rues de son nom ? C’est un phénomène qu’il nous faut bien expliquer et sur lequel, à l’occasion de cette communication, j’ai tenté de me pencher. Chantait-il « mieux » que d’autres ? On a posé la question à propos d’un autre artiste, le seul qui a pu connaître une semblable notoriété : El-Hadj M’hamed El-Anka, dont on comémmore, cette semaine, le 32è anniversaire de la disparition. Je me suis intéressé au possible parallèle entre les deux carrières. Chantaient-ils « mieux » que d’autres ? « Mieux », peut-être pas. « Plus juste », sans doute. « Plus juste », en visant le cœur d’un peuple majoritaire mais délaissé, qu’ils ont eu le génie d’en saisir l’existence, d’en mesurer la frustration et la colère et d’ériger en véritable public. Ils se sont emparés d’un art d’élite, pour le jeter au peuple. Ce public, ils lui ont « parlé », quand d’autres se bornaient à lui « interpréter » des chansons, aussi belles furent-elles. Oui, ils chantaient « plus juste » que d’autres, en visant le cœur. D’où, sans doute, le vocable populaire « kasni » (il m’a touché, il m’a atteint), en parlant des chanteurs qui savent viser le cœur. «Compréhensible au […]
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 12:53

par Saint Augustin, 26 Novembre, 2010 Avant que Mohamed ne se proclame prophète, les filles étaient enterrées vivantes, a ce qu'il parait, mais dès que le prophète arrive avec sa prophétie, les filles ne sont plus enterrées vivantes, c'était une belle avancée pour l'époque (6e siècle après Jésus Christ). Depuis, la situation des femmes ne doit pas changer car dieu l’a voulu ainsi !!!! Dans les pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark, c’est les femmes qui détiennent le pouvoir et apparemment leur société ne s’en plaigne pas, alors qu’en Arabie et dans les pays du Golf, les femmes n’ont même pas le droit de conduire une voiture !! Les islamistes peuvent soutenir qu’Abassi Madani et Ali Belhadj, a qui on doit 200 000 morts en Algérie sont plus bénéfiques à l’humanité (ou aux algériens) que Marie Curie a qui on doit des milliers de guérison. Khalida Toumi et ses compagnes (députés et sénatrices) ont bien compris que pour manger, il ne faut pas rester « debout », quant à celles qui ont payées de leur vie leur engagement pour la liberté des lâches qui détiennent le pouvoir actuellement en Algérie, elles « étaient trop naïves et trop rêveuses » pour comprendre la réalité de la sociétés musulmanes où la théocratie est prépondérante, où l’on musèle ou l’on exile les esprits ouvert à la vie, à la science, où l’on encourage le charlatanisme, la superstition. Le seul à donner leur droit aux femmes en terre d’islam, c’était BOURGUIBA, en Tunisie, car il était instruit (avocat et non un abruti historique comme ceux qui sont arrivés au pouvoir en Algérie). Il savait que l’éducation des enfants faite à la maison par une femme instruite ou par une femme analphabète n’est nullement pareille. « Abrutissez les femmes et vous aurez une société décadente ».
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 17:56

Tant que les gens ne savent pas ce qu'ils veulent exactement, ils ne sauront pas quoi, faire avec qui, et pour qui, et surtout contre qui.Le fait que ce régime soit une calamité pour tout le monde, n'est pas un facteur suffisant pour faire des alliances contre nature, et de surcroit dans le monde virtuel d'internet. Les islamistes combattent le pouvoir depuis sa naissance pour l'instauration d'un mythique Etat qui au mieux ressemblerait au Soudan et au pire à la Somalie, le régime les combat pour entretenir un état de fait qui ne l'arrange même pas lui même, sauf s'il répond à un agenda étranger. Les communistes le font pour lui insuffler le cheminement inverse de celui préconisé par les islamistes, et ainsi de suite pour les arabistes et les berbéristes, les rationalistes et les « mythistes », et vogue la galère.Le fait d'avoir tout ce beau monde sur le dos, conjugué avec les échecs et la nature versatile et sans principes du régime, prouve que se débarrasser au plus tôt de lui est une nécessité vitale pour le pays, tout comme l'était le fait de se débarrasser du colonialisme en 1954.Autre évidence, c'est que le consensus est fait, quant à l'origine de tout le problème. Cependant, avoir un ennemi commun n'a jamais été un facteur de rassemblement entre des camps qui lui reprochent des choses diamétralement opposées. Certains sont même pires que lui en matière d'étroitesse de vue et de méthode de répression et surtout de moyen de légitimation. Cette profusion d'appel à la création de fronts ou de rassemblements et même de ligues contre le régime, en majorité initiées sur la toile, ressemble à s'y méprendre à une sorte de curée ou le premier arrivé pense être le premier servi à moindre frais, et sans engagement précis de sa part sauf l'éternelle litanie des […]
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Présentation

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SANS ILLUSION

DSC03169.JPGCa nous prend à la langue.A la longue?

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DSC03168.JPGEt on se charge,en plus.sichenko3-2002sichenko3-2002.jpg

DSC03167.JPGOn sauve les meubles.kosobukin incendie

DSC03166.JPGPrendre le soleil dans ses mains.2247660771 1

DSC03165.JPGje t'aime,moi non plus.

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DSC03164.JPGau pas de course,et ils sont infatigables!Qui est kabyle et où est l'arabe?2265304191 1

DSC03158.JPGEt pourtant,ce n'est qu'un cube qui tourne!

La quatriéme dimension

La quatriéme dimention

DSC03156.JPGinversez,c'est tout un autre visage.2254539867 1

DSC03155.JPGinversez toujours,l'image est tout autre.2283918847 1COUCHER-DE-SOLEIL-SUR-LES-DUNES.jpgest-ce  l'homme qui vole? Christopher Walken

Christopher Walken OPINION : 
Et viva la censure -par Abdoun
Depuis ces derniers mois, la censure est devenue monnaie courante sur le site du «Le Quotidien d’Algérie (LQA)». Et quand il n’est pas question de censure complète et totale, la «Rédaction de LQA» se permet souvent de… corriger et de rectifier, à sa guise et à son goût, les interventions des uns et des autres. Comme il est devenu courant aussi qu’elle fasse la morale à certains participants en leur reprochant le fait d’aborder tels aspects et tels autres sujets de telle manière et pas d’une autre !!!

Voici, à titre d’information, l’intégralité du contenu d’une intervention que j’ai posté à propos d’un article publié par le quotidien «L’Expression» et repris par le site de LQA. Il est à préciser que dans le dit article l’auteur s’étonnait de voir des films israéliens, faisant l’apologie du sionisme et de l’armée israélienne, se vendre en toute liberté en Algérie.

«Savez-vous combien d’algériens de confession juive, le plus souvent issus de la région délimitée par le triangle dit «NTM», ont été nommées à de hautes fonctions dans l’administration algérienne depuis 1999 ? Et nommées de surcroît par et avec la bénédiction des plus hautes autorités politiques du pays, mais aussi sécuritaires !
Renseignez-vous autour de vous…
L’histoire de ces «films pirates» n’est que de la poudre aux yeux puisque l’essentiel et le plus grave en la matière se situe bien ailleurs !
Revoyez un peu les positions officielles de l’Algérie «officielle» concernant notamment le problème palestinien, elles sont devenues assez «timides» pour ne pas dire plus. Quelle a été l’attitude du gouvernement lorsque les algériens ont voulu marcher pour manifester et exprimer leur soutien à leurs frères ghazaouis massacrés par l’armée israélienne ?
Quel est le premier haut responsable algérien qui a accouru vers Yehoud Barak pour lui serrer chaleureusement la main lors des funérailles de Hassan II ? Qui a tenu à encourager Enrico Macias à venir en Algérie en nouveau conquérant pour donner des concerts de chant, et ce malgré ses positions sionistes publiquement déclarées…? Qui a tenu a ce que l’Algérie fasse partie de l’UPM et s’est même déplacé en personne pour cautionner la tentative détournée de normalisation des relations avec l’État sioniste ? Qui… qui, et j’en passe des meilleurs…».

Il est à noter que le premier paragraphe de cette intervention («Savez-vous combien d’algérien de confession juive, le plus souvent issus de la région délimitée par le triangle dit «NTM», ont été nommées à de hautes fonctions dans l’administration algérienne depuis 1999 ? Et nommées de surcroît par et avec la bénédiction des plus hautes autorités politiques du pays, mais aussi sécuritaires ! Renseignez-vous autour de vous…») a tout simplement été éliminé alors qu’il s’agit bel et bien d’une réalité aisément vérifiable sur le terrain. Pourquoi donc une telle censure de la part de LQA et toujours quand il est question de ce sujet en particulier ?!

@ La Rédaction de LQA,
Votre censure est scandaleuse ! De quel droit vous permettez-vous d’escamoter une partie de mon post et de n’en publier que ce qui vous arrange ?
Ceci est inadmissible ! J’exige, dans ces conditions, que la totalité de mon intervention soit publiée ou alors censurée comme vous avez décidément pris l’habitude de le faire !
Pour la démocratie du débat, vous repasserez parce qu’il est clair que vous êtes bien contaminés et qu’en aucun cas vous ne valez mieux que les autres…


L'Escalier sans fin

L'Escalier sans fin
On se demandera toujours pourquoi il ne les descend pas,c'est pourtant moins fatigant!

NORD-SUD

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DÉBAT SUR L’HISTOIRE

Le neveu d’abane ramdane répond à ali kafi

Par : BÉLAÏD ABANE

Confortablement installé dans les palais de la République, Ali Kafi a beau jeu de réécrire l’histoire de la guerre de Libération autour de sa personne. Mais, l’exercice étant devenu un travers national qui a pris racine depuis le “hold-up” de 1962, là n’est pas le plus grave. Après tout, M. Kafi, comme d’autres, a au moins le mérite d’avoir combattu le colonialisme même s’il a su préserver sa vie en en faisant juste ce qu’il faut. Prêt aux excès, certes, mais pas à tous les sacrifices. Cela, bien évidemment, on ne peut pas le reprocher à M. Kafi ni à personne d’autre. Mais là où le bât blesse, c’est quand, comble de l’indignité, on en vient à s’acharner sur ceux qui, patriotes sincères et résolus, ont placé la libération de leur pays au-dessus de tout et même de leur propre vie. Comme Ben M’hidi, Didouche, Zighout, Ben Boulaïd, Houès, Lotfi mais aussi Abane et Amirouche. Ceux-là n’ont pas su ni voulu manœuvrer pour surnager et rester en vie. Didouche, Ben M’hidi, Abane et Lotfi ont même eu la prémonition de leur propre mort avant l’Indépendance. Les coups que continuent d’encaisser dans la mort Abane et Amirouche redoublent de perfidie. Cryptorégionaliste à la rancune tenace, M. Kafi use et abuse de la tactique de celui qui assène les coups les plus bas sans en avoir l’air : la caresse d’une main, la dague de l’autre. Ni Abane ni Amirouche n’ont besoin d’éloges et encore moins de faux éloges pour mieux faire passer à chaque fois le propos fielleux et scélérat. Autre fourberie de la méthode : frapper les uns avec les autres. Le procédé est d’autant plus lâche que M. Kafi ne fait parler que les morts. Ainsi, par le passé, il a “actionné” Amirouche et Si Salah contre Abane. Aujourd’hui, c’est à Abane qu’il fait tenir des propos désobligeants sur Amirouche et insultants à l’égard de Krim, avec l’intention mal dissimulée de rabaisser l’un et les autres. La ficelle est aussi grosse que sardonique. Il dresse les uns contre les autres, des responsables morts depuis plus de cinquante ans, lesquels sont perçus d’abord à travers leur région d’origine. En caressant l’espoir de faire descendre leurs familles respectives dans l’arène pour s’étriper les unes les autres. Mais que M. Kafi ne se fasse pas trop d’illusions : le calcul est grossier et l’espoir insensé. Là est donc le régionalisme le plus pervers et le plus attardé. Un régionalisme que n’auraient toléré ni Abane ni Amirouche tant ils ne voyaient et ne rêvaient qu’Algérie. Si ce dernier avait été cet intransigeant sanguinaire monomaniaque de l’exécution hâtive, que nous décrit Ali Kafi, gageons que c’est par lui qu’il aurait commencé, s’il était encore en vie. Que cherche Ali Kafi ? À supposer que les propos qu’il met dans la bouche d’Abane s’adressant à Amirouche soient rigoureusement exacts, cela peut-il contribuer à l’écriture de l’histoire nationale en aidant ces “historiens algériens” dont il déplore, par ailleurs, avec l’insulte grossière à la bouche, l’“incurie et la lâcheté” ? En vérité, ce qui motive Ali Kafi c’est le plaisir gratuit à prendre : celui de la double estocade, ô combien facile, qu’il porte à Abane et à Amirouche en diabolisant l’un et en dévalorisant l’autre. Que ne ferait-il pour un éphémère instant de grandeur, même illusoire ? Il est de notoriété publique que M. Kafi, que beaucoup d’Algériens considèrent, à tort il est vrai, comme l’une des figures les plus emblématiques de la prédation nationale, se moque de l’écriture de l’histoire, du sort du pays et du peuple algérien. Qu’a-t-il fait à la tête de l’ONM si ce n’est de s’en être servi comme tremplin pour aller faire un tour au sommet du pouvoir ? Qu’a-t-il fait, si ce n’est d’avoir manifesté son désir d’y rester, comme l’a révélé Khaled Nezzar, à la tête du HCE, lorsqu’il y fut placé comme un pansement de fortune sur la plaie béante de notre pays meurtri ? Ce bégaiement tragique de l’histoire nationale qui l’amènera accidentellement et éphémèrement au sommet du pouvoir (il serait intéressant de savoir si Ali Kafi aurait pu être élu ne serait qu'à la tête de la mairie d'El Harrouch, son village natal) lui aura permis néanmoins de plonger encore un peu plus la tête dans les mangeoires de la République. Et il pourra ainsi continuer à reprocher à Abane, cinquante ans après sa mort, de ne pas avoir une “orientation de gauche” et d’avoir “fait injure aux couches déshéritées, aux paysans, aux travailleurs…”, en ouvrant la Révolution aux militants politisés des villes. Chiche ! Relisons notre histoire récente. Même avec ses propres yeux, il serait difficile à Ali Kafi d’y trouver une action glorieuse, une contribution déterminante à mettre à son crédit pour la cause de notre libération. M. Kafi auquel on ne dénie ni sa qualité de maquisard ni celle ensuite de diplomate de la Révolution, dont il a porté la bonne parole dans les capitales arabes, peut bricoler l’histoire à sa guise, rien n’y fera. Rappelons-nous la fable de cette grenouille qui s’était mise en tête de se faire aussi grosse que le bœuf ! Quel que soit l’angle sous lequel on l’examine, l’histoire récente de notre pays porte l’empreinte indélébile d’Abane Ramdane, la contribution déterminante et le sacrifice glorieux et courageux d’Amirouche qui a fait le choix du combat intérieur pour échapper aux délices de Capoue tunisois, la pureté et la vision révolutionnaires de Ben M’hidi, l’abnégation de Ben Boulaïd, la sagesse patriotique de Ben Khedda et le brio diplomatique d’Aït Ahmed. Même en Wilaya II, on ne se souviendra que du bon sens stratégique et de la bravoure du colonel Salah Boubnider alias Saout El Arab, qui a su en restant à la tête de sa Wilaya jusqu’à l’Indépendance lui redonner de l’éclat après le commandement falot de son prédécesseur. Quid de M. Kafi, à part d’avoir “traversé trois fois les lignes” ? En vérité, comme l’écrivait il y a quelques années le politologue Addi Lahouari, le seul fait d’armes qui ait fait connaître Ali Kafi est d’avoir insulté Abane Ramdane. Aujourd’hui encore, l’ancien chef de la Wilaya nord-constantinoise, pour redevenir visible, se hisse de nouveau sur les épaules de deux géants de la Révolution. Disons que c’est de bonne guerre. Inacceptables, cependant, ces coups de pied qu’il continue d’asséner aux lions gisant sous terre. Inacceptable aussi cette promptitude à absoudre les crimes de certains et à dégorger sa rancune venimeuse sur d’autres, lesquels, à ses yeux, portent leur région d’origine comme un travers rédhibitoire. Où est la gloire ? Où est la dignité ? Je voudrais faire ici une dernière mise au point à l’intention de ceux qui n’ont que le mot régionalisme à la bouche. D’abord le tribalisme et le régionalisme, voire le “villisme”, sont en Algérie, comme le bon sens, les choses les mieux partagées. S’agissant d’Abane d’Amirouche, de Ben Boulaïd, de Ben M’hidi et de tous nos héros nationaux, est-il encore besoin de rappeler qu’ils appartiennent à la nation toute entière et non à leur région ou à leur douar d’origine ? Faut-il dire et répéter que le débat sur notre histoire récente et les personnages clefs qui l’ont animé n’a de limites que celles de l’éthique scientifique et de l’honnêteté intellectuelle. Hors de celles-ci, c’est du charlatanisme ou de l’invective. C’est, cependant, dans ce travers que semblent s’abîmer certains, et ils sont de plus en plus nombreux à l’assumer depuis quelques années, qui rejettent telle figure comme si elle était étrangère à cette terre algérienne qui a vu naître et se perpétuer ses ancêtres depuis la nuit des temps. Ces régionalistes masqués semblent nous dire : “Telle personnalité ne vous appartient pas. Laissez-la-nous pour en faire et en dire ce que bon nous semble.” Soit. Mais nous voyons précisément ce qu’ils sont capables d’en faire et d’en dire : inventer des tares, criminaliser les erreurs et “euphémiser” les mérites. Exactement l’inverse du discours réservé à ceux qu’ils considèrent comme des leurs, ceux de leur région ou de leur clan. Qui est alors régionaliste ? Revenons à M. Kafi qui continue à jouer du lance-pierre, oubliant sans doute que sa propre maison était de verre ? Sait-il, lui, qui ne répugne pas à s’attaquer même aux morts, qu’un jour ses propres turpitudes peuvent lui être renvoyées à la face comme un implacable boomerang ?

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