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Le blog  des echos

Il y a des enfants de choeur à TAMAZGHA

11 Octobre 2010 , Rédigé par Dzecho Publié dans #LES VOIX DE TAMAZGHA

Par bouyilès

« Il m’arrive même de penser, que Dieu me pardonne, que même si j’étais admis au paradis, ce qui m’étonnerait, je continuerais à me languir de mon pays. J’y serais, d’ailleurs, un fantôme assidu. »

Bibishev


Quelle belle phrase DB!
A mon retour de l’étranger,il y a maintenant 34 ans,j’ai commencé à travailler (ou plutôt j’ai été installé)dans un bureau à Alger.A longueur de journées on se croisait les bras et des fois on croisait la grille géante d’El Moudjahid.
Il y avait aussi un belge longiligne taillé en lame de couteau, comme dirait un certain auteur, dans la même situation que moi ,qui lui croisait tout , en cachette ,et un français ,ancien appelé de la guerre d’Algérie,qui ouvrait trop sa gueule.
A tous les trois,chaque matin et chaque soir,un bus de 32 places nous a été affecté pour nous transporter à notre palace situé à une trentaine de kilomètres  d’Alger.
C’était une sorte de paradis,quoi ! Et avec un énorme bus à nous trois,seuls.
Le belge y a tenu pendant ses deux ans de contrat.Il faut dire qu'il est endurant,et puis il n'avait pas le choix.
Le français s’est rendu compte que la SM visitait sa chambre et ouvrait ses valises chaque jour que Dieu fait.

Je ne sais pas ce qu’ils comptaient trouver,mais le bougre s’st plaint bruyamment et il n’a pas tenu 3 mois.Pourtant il était astucieux et chaque fois ,avant de sortir,il posait des petits bouts d'allumettes sur sa valise.Au retour,il contrôle et les minuscules bouts de bois ont disparu.Bizarre,bizarre,disait-il à chaque fois,avant qu'il n'éclate définitivement.
Mois aussi,je refusais ma situation.Je ne voulais pas de ce paradis ,car avant tout, j’étais là pour travailler et non me rouler les pouces et me prélasser dans un palace.

On payait ma chambre à 6000DA/mois alors que mon salaire mensuel n’était que de 2000DA.Un jour j’ai décidé de casser la baraque et de me révolter contre ma situation de privilégié.
J’entre dans le bureau du directeur sans me faire annoncer et il m’écouta avec une courtoisie hypocrite.
Ayant quitté son bureau je me suis attardé 2 minutes avec la secrétaire et j’entends au téléphone sa remontrance à l’encontre de celle-ci:mon bureau n’est pas une écurie pour y entrer et sortir comme on veut!
Décidément,il y a des ânes dans ce pays qui font leurs crottes sur de la moquette importée.
Le lendemain j’ai déposé ma démission,j’ai regagné mon bled perdu la-bas à coté des montagnes et j’ai commencé un boulot dans un chantier croyant réaliser le rêve que j’avais en tête en quittant ma blonde.
Depuis 34 ans,je vis toujours mon cauchemar,mais chez moi,sous mon soleil ardent et le  bleu éclatant de son ciel.

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