Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog  des echos

TAMAZGHA:CAPITALE ALGER DES NOSTALGIQUES

1 Avril 2010 , Rédigé par Dzecho Publié dans #LES ECRITS DE TAMAZGHA

D B dit :

31 mars 2010 à 20 h 57 min

Je ne suis pas Algérois, mais cette chanson me fait vibrer. C’est un véritable hymne à « El Bahdja ». Elle me rappelle Alger que j’ai connu à la fin des années 60. En ces temps bénis, malgré la dictature, les Algérois étaient fabuleux. Les femmes en haïk blanc, la vie paisible et bon enfant qui y régnait, les bars avec leurs kémias typiques, les mosquées sans fanatisme, l’élégance raffinée des jeunes hommes et des jeunes femmes, les théâtres pleins à craquer de spectateurs des deux sexes, les concerts de Hadj M’hamed El Anka, la fraternité ambiante, les plages bondées de personnes des deux sexes, sans que cela n’offusque qui que ce soit, parce qu’en ces temps de bonheur partagé, la religion était confinée au cœur des hommes, pendant que la joie et la convivialité étaient dans la rue. Pourtant, il régnait à Alger, sans qu’il y ait un émir à chaque coin de rue pour vous sermonner, une pudeur et une qualité des mœurs qui étaient autrement plus conformes à nos valeurs que ce qui a lieu aujourd’hui. Nous étions sains, nous étions beaux, nous étions furieusement algériens, et nous aimions Alger, d’où que nous venions. Ah, Alger de ma tendre jeunesse, en ces jours où aller au cinéma avec sa copine ne choquait personne, où nous avions le choix entre plusieurs pièces de théâtre par soirée, où les artistes étaient le sel de la ville, quand le beau Guerouabi enflammait les cœurs, quand il y avait des boites à lettres, des passages pour piétons, quand des femmes rentraient chez elles, en pleine nuit, sans risquer d’être agressées, quand la foi était vraie et sobre, quand la vie se croquait comme une friandise, malgré la terrible nuisance d’un régime dictatorial. Mais en ces temps, que chante Meskoud justement, le peuple algérien ne s’était pas laissé corrompre. Il vivait encore du dernier souffle de ce que lui avaient légué ceux qui étaient morts pour le libérer. Il avait réussi à vivre richement, dans sa pauvreté. Et rien que pour avoir réussi à faire revivre ces temps perdus, je suis reconnaissant à Meskoud, à sa façon de chanter, à sa façon d’être, et pour toute cette beauté de l’âme qu’il a su faire ressurgir, de ma mémoire entêtée. Merci mon frère Abdelmadjid. Je t’aime, avec ton shangaï, ton bagou, ta gouaille algéroise, ton infinie douceur quand tu parles de ta ville, de notre ville, chérie. Merci Samir de nous avoir gratifié de ce moment de pur bonheur.

DB

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article